Expo Street Art à Rio : Jef Aerosol intervient sur la façade du Consulat

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La Caixa Cultural de Rio de Janeiro présente du 2 août au 5 octobre l’exposition “Street art – um panorama urbano” sous la direction de Léonor Viegas.

L’exposition rassemble des œuvres aux styles différents, confrontant ainsi les diverses techniques (collage, pochoir etc). De très grands artistes internationaux seront présentés à travers leurs créations : Jef Aerosol et Rero (France), Pixel Pancho e Y StenLex (Italie), les frères HowNosm (USA), ±MaisMenos± et Vhils (Portugal), et les brésiliens Herbert Baglione e Nunca.

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Le Consul de France, Brice Roquefeuil, le Consul adjoint, Jean-Charles Ledot, l’attaché culturel, Guillaume Pierre, suivent le travail de Jef Aérosol sur la façade du bâtiment.

À cette occasion, les artistes Jef Aerosol, ±MaisMenos±, Rero et Herbert Baglione sont à Rio de Janeiro pour réaliser des interventions extérieures, et ainsi laisser leur marque sur les murs du centre de Rio. C’est dans ce contexte que Jef Aerosol, artiste pochoiriste pionnier du street art en France, est intervenu sur la façade de la Maison de France.

Les artistes français

• Jef Aerosol (France) - http://www.jefaerosol.com

Jean-François Perroy, plus connu sous le pseudonyme Jef Aérosol est un artiste pochoiriste français issu de la première vague de "street art" des années 80. Il est l’un des pionniers et chefs de file de cet art éphémère.
Jef crée souvent des portraits de personnalités comme Gandhi, Lennon, Hendrix, Basquiat, mais une grande partie de son travail est consacrée aux anonymes de la rue. Jef Aérosol a laissé sa trace sur les murs de nombreuses villes et a même collé son désormais légendaire "sitting kid" sur la Grande Muraille de Chine.
En 2011, Jef a réalisé à Beaubourg (Paris) son plus grand pochoir à ce jour (350 m2), intitulé "Chuuuttt !!!" et situé au cœur de la capitale, place Stravinski, face à la fameuse fontaine Jean Tinguely - Nikki de St Phalle et tout près du Centre Georges Pompidou.

• Rero (France) - www.reroart.com

Né en 1983, Rero a présenté ses œuvres dans de nombreuses institutions publiques comme le Centre Georges Pompidou, Le Musée en Herbe, le Musée de la Poste, Confluences à Paris ou encore l’Antje Øklesund de Berlin. À mi-chemin entre art urbain et art conceptuel, Rero interroge d’un côté le contexte de l’art, de l’autre les codes de l’image et de la propriété intellectuelle à travers un acronyme qui apparaît régulièrement dans ses œuvres : WYSIWYG (What You See Is What You Get).
Fortement imprégné de philosophie et de sociologie, il ne cesse d’interroger les codes de notre société, notamment autour des notions de consommation et d’obsolescence, sans jamais juger mais en proposant au regardeur de le faire. L’artiste questionne les limites de l’intime avec ce que nous rendons public, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, notamment sur Internet. Par une construction radicale, où tout doit être montré et rien ne doit être caché, Rero détermine la limite entre l’intérieur et l’extérieur.

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Entretien avec Jef Aerosol

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Jef Aérosol est un artiste pochoiriste français. Il est l’un des pionniers et chefs de file du street art. S’il crée souvent des portraits de personnalités, une grande partie de son travail est consacrée aux anonymes de la rue. Du 2 août au 5 octobre ses oeuvres seront présentées à la CAIXA Cultural de Rio de Janeiro à l’occasion de l’exposition “Street art – um panorama urbano”.
Nous l’avons rencontré lors du vernissage, pour lui poser quelques questions :

Q : Comment est né le projet de peindre la façade de la Maison de France à Rio ?

R : J’ai d’abord été invité à participer à cette exposition par Léonar Viegas. En tant qu’artiste de rue, j’aime intervenir in situ dans l’espace public, je tenais à peindre dans la rue. Parmi plusieurs propositions, nous avons choisi le mur du Consulat, car il y constituait un symbole pour un artiste français à Rio.

Q : Vous avez peint dans les plus grandes villes du monde. Est-ce que Rio constitue une expérience particulière ?

R : Le contexte est toujours différent, et en même temps il y a beaucoup de points communs entre chaque ville. Je peins beaucoup dans des grosses villes, et je réalise que les clichés qui sont véhiculés sont la plupart du temps faux. A Rio, c’est notamment les problèmes d’insécurité qui sont à l’origine de préjugés et d’apriori. Pourtant, j’ai travaillé dans des quartiers populaires et nous n’avons eu aucun problème. Ainsi malgré ces aprioris tenaces, j’ai été agréablement surpris.
Il est vrai qu’en tant qu’artiste, je ne suis pas considéré comme un touriste au regard voyeuriste, cela me permet d’avoir une autre relation avec les passants, et à chaque fois ce sont des rencontres très fortes.

Aussi j’ai été surpris, je ne m’attendais pas à une ville aussi lumineuse. La lumière et la végétation donnent un aspect assez sauvage. Et puis tous les murs sont remplis d’images, à Santa Theresa mais aussi à Lapa vers le jardin botanique, il y a des fresques incroyables. C’est une ville qui vit. Cela donne envie de revenir.

Q : Qu’est-ce que cela signifie pour vous, peindre dans la rue ?

R : C’est une forme d’engagement. Je ne vais pas brandir des pancartes pour dire ce que je pense. Mais en travaillant dans la rue, je suis au contact des gens et je m’intéresse à l’espace public. C’est un engagement peut-être plus poétique que politique.

Pour la peinture du mur du consulat, j’ai collaboré avec un jeune artiste pochoiriste carioca. On ne parlait pas la même langue, et pourtant on a construit un lien très fort en passant trois jours à communiquer. Chaque voyage et chaque peinture murale est une sorte d’aventure partagée avec des gens.

Aussi, peindre dans la rue, c’est laisser des bouts de soi même dans le monde. Une espèce de don d’ubiquité. Dimanche quand je rentrerai en France, je laisserai un bout de moi-même sur le mur du consulat, mais aussi à Santa Theresa, ou j’ai peint de façon furtive, ou encore dans une favela ou nous avons collaboré avec les artistes de l’exposition.

Q : Est-ce qu’il n’est pas contradictoire qu’un artiste de la rue soit exposé dans une galerie ?

R : Je ne crois pas. Je suis un artiste de la rue lorsque je travaille dans la rue, mais mes images peuvent être exposées. J’aime les deux formes de travail.

Une toile se suffit à elle-même. Une fois terminée, elle va bouger être exposée dans une galerie, se retrouver dans un appartement, dans un grenier, elle va être rachetée, posée sur un mur blanc, un mur rouge. Pourtant elle restera la même.

Alors que le travail dans la rue est éphémère. Il va s’altérer évoluer, être recouvert, abîmé par la pluie. C’est la loi de la rue. L’art est dans l’action, c’est-à-dire que l’artiste commet l’acte d’art. Mais ensuite l’œuvre est contextuelle, elle évolue en même temps que la rue. Ce qu’il y a de fabuleux avec l’avènement d’internet, c’est que l’artiste continue à être là où il n’est plus. Sur ma page facebook, des passants m’envoient régulièrement des photos de mes œuvres et je peux constater les changements.

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Exposition Street Art – Um panorama urbano
Vernissage – 1er août (19h)
Visite guidée : 2 août à 15h
Horaires : 10h - 21h
Adresse CAIXA Cultural Rio de Janeiro – Galeria 4, Av. Almirante Barroso, 25 – Centro (Metrô : Estação Carioca)

www.caixa.gov.br/agenciacaixadenoticias
https://www.facebookcom/CaixaCulturalRioDeJaneiro

publié le 08/08/2014

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