Le Franco-Brésilien Artur Avila a remporté la médaille Fields

La médaille Fields :

C’est la plus prestigieuse récompense en mathématiques, elle est considérée comme l’équivalent du prix Nobel de mathématiques. Cette distinction est remise tous les quatre ans à des mathématiciens de moins de 40 ans lors de l’ICM (Congrès international des mathématiciens). L’Autrichien Martin Hairer, le Canado-Américain Manjul Bhargava et l’Iranienne Maryam Mirzakhani, première femme au palmarès, sont également distingués cette année.

Grâce à Artur Avila, qui a acquis la double nationalité l’an dernier, la France compte maintenant 12 lauréats de la médaille Fields et conforte sa deuxième place au palmarès derrière les États-Unis. Bien que né à Rio et naturalisé français depuis l’an dernier, Artur Avila illustre à sa façon l’excellence et les spécificités de la recherche française dans ce domaine. Il permet aussi au Brésil d’obtenir sa première médaille Fields.

Parcours et prix :

Paris et Rio de Janeiro accordaient une attention particulière à Artur Avila depuis plusieurs années. Ce jeune chercheur de 35 ans a un parcours aussi fulgurant qu’atypique.

Il n’est encore qu’un lycéen de 16 ans lorsqu’il remporte en 1995 la médaille d’Or des Olympiades internationales de mathématiques, ce qui lui vaut d’être repéré par un professeur de l’Institut de mathématiques pures et appliquées (IMPA) de Rio de Janeiro. Tout en terminant le lycée, il entame un master à l’IMPA, où il restera pour sa thèse jusqu’en 2001.

C’est durant cette période qu’il découvre l’Europe, puis Paris. Amoureux de cette ville et attaché à la recherche française, Artur Avila tente à deux reprises le concours d’entrée au CNRS, en 2001 et 2002. Jean-Christophe Yoccoz, médaillé Fields en 1994 , lui permet d’avoir un poste au Collège de France.

En 2003, il est recruté au CNRS et peut se consacrer entièrement à la recherche. En 2006, il reçoit la Médaille de Bronze du CNRS ainsi que le Prix Salem. En 2011 il remporte le prix Michael Brin, et en 2012 le Early Career Award de l’International Association of Mathematical Physics.

Chercheur à l’Institut de mathématiques de Jussieu – Paris Rive Gauche1 et à l’Institut de mathématiques pures et appliquées2 (IMPA) au Brésil, il partage désormais son temps entre Paris et Rio de Janeiro.

Un mathématicien du chaos

Artur Avila est un théoricien des systèmes dynamiques, c’est-à-dire qui évoluent au cours du temps. Comme par exemple le mouvement des planètes, les modèles climatiques, la dynamique des populations. Sa spécialité consiste à déterminer la probabilité qu’un système de ce type évolue vers tel comportement ou vers tel autre. « J’ai beaucoup de reconnaissance envers les gens qui travaillent sur les applications pratiques des mathématiques, et ils participent aux progrès de cette discipline. Mais à titre personnel je préfère les mathématiques pures. J’aime la beauté des maths… »

publié le 16/10/2014

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