Les Français de Rio - Avril 2015

Chaque mois, nous vous proposons une rapide rencontre avec des Français qui ont choisi de vivre à Rio. Quelques questions, toujours les mêmes, dressent de brefs portraits, qui sont l’occasion de mieux connaître notre communauté.

François Prunet : "Rio c’est volonté, patience, plaisir !"

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François a 34 ans, il est marié et a un petit garçon. Il est ostéopathe et vit à Rio depuis 2 ans et demi.

Ville d’origine : Toulouse

Quartier de Rio : Copacabana

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Rio c’est un vieux rêve. Je suis passionné de volley et de foot et je déteste l’hiver. J’avais très envie de m’expatrier et ça me semblait être une super destination. En plus, mon meilleur ami, qui est également ostéopathe, est venu s’installer à Rio quatre ans avant moi et il a toujours beaucoup insisté pour que je vienne le rejoindre. Ça me rassurait de savoir qu’il serait là pour m’aider.

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
Ce qui marque en premier c’est la beauté du site, la chaleur humaine. Tu te rends assez vite compte que les choses sont compliquées et qu’il va falloir s’accrocher.

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis ostéopathe, diplômé en 2009, j’ai exercé à Toulouse jusqu’à mon départ pour Rio en 2012. Je travaille avec les adultes et les enfants et avec les sportifs de haut niveau. J’étais ancien sportif de haut niveau dans l’équipe de France de volley de jeunes, c’est pour cela que j’essaie de développer cette clientèle. J’aimerais bien enseigner l’ostéopathie, j’étais enseignant en France, c’est quelque chose qui me manque.

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
Rio a mis plus de sourire, plus de joie dans ma vie. Je suis moins stressé même si ce n’est pas toujours facile (coût de la vie, transports chaotiques, etc.) mais il n’empêche que je me sens plus détendu qu’avant. C’est un pays qui te change, si tu l’acceptes, mais il ne faut pas vouloir changer les choses sinon ça crée des frustrations.

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
C’est dur de définir le Carioca. Je pense qu’il est paradoxale, il aime sa ville par dessus tout et il aime faire plaisir, même si c’est pour te dire oui et penser non. Il n’aime pas le conflit, il est serviable et tactile.

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Ce serait la plage de Copacabana, avec la lumière rasante des premières heures du jour ou le rooftop du Pestana, c’est là que j’ai demandé ma femme en mariage.

Rio en trois mots :
Volonté, patience, plaisir.

Antoine Duport : "Rio c’est beauté, exubérance, nature !"

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Antoine a 73 ans et est Carioca depuis 11 ans. Il vit en couple, écrit un à deux romans par an et part tous les après-midi faire du kytesurf à Barra da Tijuca... Oui à 73 ans !

Ville d’origine : Paris / Le Touquet

Quartier de Rio : Botafogo

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Dans l’appartement de mes grands-parents, il y avait une photo de 1930 de mon oncle au milieu des allées de palmiers géants du jardin botanique de Rio. J’ai toujours été subjugué par cette photo et je crois que j’en ai rêvé toute ma vie. Plus tard, j’ai connu Rio quand j’avais une vingtaine d’année. À l’époque je travaillais pour l’AFP mais je n’y suis pas resté longtemps, à mon grand désespoir. Je suis rentré en Europe, j’ai fais des études de droit puis j’ai été avocat criminaliste, j’ai travaillé sur des dossiers difficiles comme l’affaire Humbert, l’affaire des frères Jourdain ou l’affaire d’Outreau. Après 30 ans de carrière judiciaire, j’ai rendu le tablier et suis parti vivre mon rêve carioca.

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
Mes impressions n’ont pas changé depuis 11 ans que j’habite ici : 1/ population extrêmement sympathique, 2/ végétation luxuriante, 3/ site naturel hors du commun et 4/ le climat. Je détestais la pluie et la grisaille en France. Ici, on a aussi nos problèmes, mais chaque problème a sa solution.

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis retraité, écrivain et kytesurfeur. J’écris un à deux ouvrages par an, presque exclusivement des romans. Je m’inspire souvent de ma propre expérience, des situations que j’ai vécu ou dont j’ai été le témoin notamment dans ma carrière d’avocat criminaliste. Certains sont des romans policiers mais pas tous, par contre tous sont en français. Le roman que j’écris actuellement parle de la Guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay. Sinon mon autre activité de prédilection c’est le kytesurf, pas commun pour quelqu’un qui va souffler sa 74ème bougie... Et pourtant, tous les après-midi vous me verrez avec mon kytesurf sur la praia do Pêpe à Barra da Tijuca. On m’appelle en rigolant le "Guru do Postinho".

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
Je suis toujours le même mais je suis devenu bien meilleur : je suis plus tolérant, je me suis imprégné de l’état d’esprit brésilien et ça m’a fait un bien fou !

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
Je ne me sens pas du tout carioca, et si j’apprécie autant Rio c’est en tant que français. D’ailleurs, après 11 ans au Brésil mon portugais est encore très français ! J’assimile le Carioca au Marseillais : décontraction, convivialité, le fait de vivre toujours dehors et une forte exigence culturelle (Rio a été la capitale et on le sent).

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Assis sur le sable de Barra, à regarder les îles au loin. Dans mon bureau d’avocat au Touquet, j’avais un cadre avec les îles de Barra et je le regardais en disant :"un jour j’y serai !"

Rio en trois mots :
Beauté, exubérance, nature

Lucas Cosivi : "Rio c’est soleil, plaisir, plage !"

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Lucas a 16 ans et est Carioca depuis 7 ans. Sa mère est écossaise et son père italien. Il est lycéen au lycée Molière à Laranjeiras.

Ville d’origine : Genève

Quartier de Rio : Botafogo

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Mon père travaillait à l’OMS à Genève. En 2007, il a eu envie de changement et il est venu travailler au Centre Panaméricain de Santé (PAHO), c’est comme cela que nous sommes venus vivre à Rio. A Genève il était stressé et du jour au lendemain il nous a montré l’email qui lui disait qu’il était appelé à travailler à Rio, chacun a eu le droit d’amener une valise, nous n’avons pas fait de conteneur, nous sommes arrivés à Rio avec chacun notre valise, c’est tout. Si j’avais du faire le choix et si j’avais connu la ville, je crois que j’aurais également choisi Rio !

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
J’avais peur de ce qui m’attendait ici : la rentrée en 6ème, la violence urbaine dont on entendait parler à la télévision... Aujourd’hui c’est difficile de quitter Rio, même pour les vacances !

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis en terminal ES au lycée Molière. J’aime faire du vélo, voir des séries ou des films documentaires, écouter des débats ou passer du temps à discuter dans un café avec mes amis.

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
Je pense que Rio a changé la manière dont je parle avec les inconnus et une certaine ouverture, je pense que je suis plus ouvert que si j’avais vécu toute ma vie à Genève. Mes années d’adolescent ce sont passées ici, donc c’est difficile de dire ce qui vient de la ville et ce qui vient de l’âge.

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
Pour moi, être Carioca c’est aimer le carnaval, aimer la plage, être souriant quand quelqu’un vous aborde dans la rue, ne pas se stresser pour les choses futiles de la vie et se plaindre de la chaleur !

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Le Moviola, c’est un café librairie à Laranjeiras où on passe des longs et bons moments avec les amis.

Rio en trois mots :
Soleil, plaisir, plage.

Paul Riviere : "Rio c’est sea, sex and sun !"

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Jimmy a 31 ans et est Carioca "dans sa tête depuis longtemps, sur son passeport depuis 1 an et demi".

Ville d’origine : Nantes puis Paris.

Quartier de Rio : Laranjeiras.

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Aprè quelques années en M&A à Paris, j’avais besoin de changer d’horizon et de me challenger sur un nouveau défi. Après avoir regardé plusieurs destinations, le Brésil et Rio sont apparus comme une évidence. Des amis sur place qui m’en disait le plus grand bien, une qualité de vie incroyable, des défis humains et sportifs à relever, et une économie en développement. J’ai tout quitté, pris un billet et je suis parti monter ma boite ici.

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
La puissance de la nature que s’infiltre partout et qui rappelle que Rio est d’abord une formidable jungle. La lumière aussi, pouvoir à différentes heures de la journée apprécier un ciel et ses variations de couleur m’a beaucoup marqué.

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Nous avons développé, à Rio et à São Paulo, un service de chauffeur privé pour particuliers et entreprises, OCAB. L’idée est simple, optimiser les heures de disponibilité des chauffeurs privés pour en faire profiter particuliers et professionnels. Au travers d’une application et en quelques clics vous pouvez trouver un chauffeur libre à proximité, le payer et attendre qu’il vienne vous chercher. Pour un prix abordable et connu à l’avance, vous bénéficiez de la qualité d’un service haut de gamme (costume, bouteille d’eau) et sans avoir à regarder la tele novela des taxis…

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
J’avais trop tendance à tout projeter, tout organiser sans profiter de l’instant présent, Rio m’a appris à plus vivre au jour le jour, à savourer chaque moment. Les Brésiliens sont assez épicuriens et cette philosophie me convient plus que la perpétuelle pression parisienne.

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
Un mélange de folie, d’hédonisme et de spiritualité.

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Le Maracana, pour son histoire avec le foot et le peuple brésilien.

Rio en trois mots :
Sea, sex and sun !

publié le 27/04/2015

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