Nelson Maculan devient Chevalier de l’Ordre National du Mérite

JPEG

Le 26 novembre dernier, Nelson Maculan recevait les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite des mains du Consul Général, Jean-Claude Moyret.

Ce brésilien devenu français en 2007, après près de quarante ans de mariage avec son épouse Anne-Marie, a dédié l’essentiel de ses activités professionnelles au développement de l’enseignement et de la recherche, tant en France qu’au Brésil, et a œuvré à l’approfondissement de la relation universitaire et de la coopération scientifique entre la France et le Brésil. Membre de l’Académie brésilienne des Sciences, Nelson Maculan est également recteur de l’UFRJ.

JPEG

Discours prononcé par le Consul Général à l’occasion de la remise
des insignes de Chevalier
de l’Ordre National du Mérite
à M. Nelson Maculan

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage à un éminent scientifique et éducateur qui a toujours placé la relation entre la France et le Brésil au centre de ses préoccupations, Nelson Maculan. Issu d’une famille d’origine mélangée, mais surtout italienne, Nelson Maculan est né dans le Paraná, à Londrina.

Son père, commerçant, spécialiste du café, a suivi également une carrière politique en devenant Sénateur pour le PTB en 1959. Il a aussi présidé une institution très importante, l’Institut brésilien du Café.

Nelson est discret sur son enfance, il semble avoir été un enfant un peu difficile du fait de son caractère fort.
Il poursuit ses études jusqu’à 15 ans à Londrina avant d’aller à Rio finir son secondaire. Il décide de se consacrer aux mathématiques et aux sciences de l’ingénieur. Jusqu’à ce jour il n’a pas dévié de cette ligne.

Refusé par l’école des jésuites (manque d’environnement catholique paraît-il), il entre au collège anglo-américain où, dit-il, il avait d’excellents professeurs de français.

Il entre ensuite à l’Ecole des Mines d’Ouro Preto, créée comme chacun sait au 19ème siècle sur le modèle français. Il se spécialise en mathématiques, mines et métallurgie.

Il est syndicaliste étudiant, ce qui lui vaut d’être arrêté en 1964 et de passer un mois en prison. Malgré cette expérience désagréable, il refuse l’option de plusieurs de ses camarades, la lutte armée. Plusieurs amis, notamment des journalistes français, lui conseillent de s’éloigner du Brésil.

Il reçoit une bourse française pour faire un DEA de mathématiques et statistiques.
Il rencontre en France, en plein mai 68, à la cité universitaire, celle qui sera la compagne de toute sa vie, Anne-Marie.

Il entre alors dans une entreprise de calcul, la STAD, où il passe 2 ans et dit avoir beaucoup appris. Sa spécialité s’affirme : la recherche opérationnelle.

Il s’apprête à faire toute sa vie en France, mais son épouse a la curieuse idée de vouloir connaître le pays de son mari, le Brésil, où il retourne donc en 1971, le jour des adieux de Pelé.

Il a du mal à trouver un emploi, sans doute, parce qu’il est fiché politiquement. Mais il est finalement recruté par l’organisation à laquelle il sera fidèle jusqu’à aujourd’hui, la COPPE (le Centre d’Ingénierie de la UFRJ). Il y développe ses deux passions : l’enseignement et la recherche.

Il est chef de plusieurs départements, directeur de recherche, directeur enfin. Il écrit des centaines d’articles, dirige plus de 60 doctorats, plus de 120 masters.
Du fait de son passage en France et des relations nouées, il fait venir de très nombreux professeurs français. Il est l’homme des réseaux scientifiques et universitaires franco brésiliens.

En 1990, il est élu recteur de l’UFRJ. Il accepte ce défi car il souhaite accroître la place de la recherche à l’Université. Il y consacre 4 ans, tout en continuant l’enseignement et la recherche.

En 2001, il passe le concours de directeur de recherche du CNRS. Il est évidemment reçu. Il passe ensuite un an à l’Ecole Polytechnique de Milan et retourne à la COPPE en 2003.

En 2004, le ministre de l’Education Tarso Genro l’appelle auprès de lui pour prendre la responsabilité de l’enseignement supérieur. Il accepte cette tâche apparemment bureaucratique car il est convaincu que le Brésil, en tant que puissance émergente, doit se doter d’un système universitaire fort.
Il crée plus de 10 universités et ouvre plus de 10 000 places de professeurs.

Cette expérience très enrichissante sera suivie par une seconde, plus difficile, comme Secrétaire à l’Education de l’Etat de Rio en 2007. Il se heurte à de nombreux problèmes et ne parvient pas à mettre en place son plan de développement de l’enseignement avec horaire complet. Il préfère démissionner et retourner à la COPPE reprendre ses fonctions d’enseignement et de recherche.

Son renom est toujours aussi remarquable. Il est élu à partir du 1er janvier 2013 de la fédération internationale des sociétés de recherche opérationnelle.

Devant une carrière aussi riche, on se demande s’il lui reste du temps pour les loisirs : il aime la marche, la musique classique, le théâtre, le cinéma.

Il est devenu Français en 2007, pour équilibrer, dit-il, le fait que son épouse, Française, est devenue elle-même brésilienne. Cette double nationalité est le couronnement d’une trajectoire et d’une vie consacrée en partie à la relation scientifique franco-brésilienne.

Nelson Maculan, pour avoir dédié l’essentiel de vos activités professionnelles au développement de l’enseignement et de la recherche, tant en France qu’au Brésil, pour avoir œuvré sans relâche à l’approfondissement de la relation universitaire et de la coopération scientifique entre la France et le Brésil, j’ai l’honneur de vous remettre, au nom du Président de la République française, les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Lundi 26 novembre 2012.

publié le 04/12/2012

haut de la page