Les Français de Rio - Décembre 2014

Chaque mois, nous vous proposons une rapide rencontre avec des Français qui ont choisi de vivre à Rio. Quelques questions, toujours les mêmes, dressent de brefs portraits, qui sont l’occasion de mieux connaître notre communauté.

Charlotte Valade : "Rio c’est énergie, tropical, saudade !"

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Charlotte est en couple et maman d’un garçon de neuf ans. Elle a 37 ans et est Carioca depuis onze ans.

Ville d’origine : Paris

Quartier de Rio : Copacabana

Pourquoi avoir choisi Rio ?
L’amour ! Mon mari est tombé amoureux de la ville avant de me rencontrer et j’ai rapidement été aussi envoutée.

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
Quand je suis arrivée, j’ai d’abord été complètement désorientée.
J’ai tout de suite été soufflée par la nature et les courbes de la ville, mais je trouvais l’architecture très moche, notamment dans la zone sud. Aujourd’hui j’arrive à concentrer mon regard sur les quelques façades rococos ou art déco, et je découvre de nouvelles pépites chaque jours, surtout dans mon quartier à Copacabana. La nature offre des lignes de fuites visuelles hors du commun. J’ai aussi été touché très vite par la gentillesse des Cariocas. Je n’en ai encore rencontré aucun qui souffle d’exaspération.

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis photographe. La famille est le cœur de mon travail, mariages, femme enceinte, portraits, mais je réalise aussi des reportages et portrait pour la presse Française. Depuis deux ans je m’oriente également vers la photo de gastronomie.

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
De journaliste, Rio m’a changé en photographe. Un cadeau inestimable !

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
Profiter de chaque instant. Aller sans cesse de l’avant. Danser jusqu’au petit matin.

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Paqueta

Rio en trois mots :
Energie, Tropical, Saudade
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Ludovic : "Rio c’est nature, chaos, beauté !"

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Ludovic est marié et papa d’un petit garçon. Il a 50 ans et est Carioca depuis neuf ans

Ville d’origine : Orléans

Quartier de Rio : Botafogo

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Je n’ai pas choisi Rio. Ma soeur habitait depuis 25 ans au Brésil, elle était mariée avec un Brésilien. Quand son mari est tombé malade, je me suis dit que c’était le moment de l’aider, de venir ici lui offrir un appui moral.

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
La première a été de me dire que Rio portait très bien son surnom de "cidade maravilhosa" ! La deuxième impression, c’est autre chose. Faut pas trop gratter...

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis coiffeur, designer et créateur en tout genre ! Je suis écologiquement correct, puisque je travaille avec ce que les gens jettent, j’arpente les foires d’antiquité et je fais du troc. Je vais tous les dimanches matins très tôt à São Cristovão chercher un objet, un meuble, quelque chose où je puisse mettre mes mains et ajouter ma patte !

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
Beaucoup de choses ! Rio m’a apporté plus de philosophie, m’a permis de travailler sur moi-même, sur un côté accumulateur que j’avais en France. Ici, ça ne m’intéresse plus de posséder les choses. Les créer oui, mais pas de les garder ! Rio m’a offert une vision de la vie avec plus de recul sur la société de consommation.

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
Je ne me considère pas Carioca. Carioca, cela veut dire ne pas avoir de compromis et prendre la vie légèrement. Le fameux "passe à la maison !", sans donner l’adresse !

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Santa Teresa pour y vivre, mais pas pour y travailler, trop loin.

Rio en trois mots :
Nature, chaos, beauté.

Justine Laborde-Barbanègre : "Rio c’est contraste, cohabitation et "Beleza" !"

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Justine a 25 ans, elle est Carioca depuis 9 mois, après avoir passé trois années à Salvador de Bahia.

Ville d’origine : Toulouse

Quartier de Rio : Gamboa

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Ça a toujours été un rêve pour moi de vivre Rio. C’est une ville fascinante, qui a une identité culturelle très marquée ; c’est aussi une ville qui m’attirait pour des raisons personnelles, puisque je suis impliquée depuis plusieurs années dans la question de la violence policière, et je m’intéresse particulièrement à la question des politiques de sécurité publique au Brésil. Or, à ce niveau, Rio est un terrain d’observation particulièrement dense...

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
J’ai trouvé ça très différent de Salvador et je ne m’attendais pas à trouver de telles disparités culturelles d’une région à l’autre. J’ai aussi été surprise par la forte présence des étrangers ici, on rencontre des gens d’un peu partout et de tous les milieux très facilement, et c’est très enrichissant. Il existe aussi un dynamisme au niveau de l’offre culturelle qui me manquait à Salvador. Et bien sûr c’est la plus belle ville du monde ! La géographie urbaine, mélange montagne, mer, forêt et immeubles, favelas, ces points de nature qui surgissent à certains endroits complétement inattendus ! Je trouve la cohabitation entre la nature et la ville particulièrement fascinante à Rio.

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis chef de projet dans une ONG franco-brésilienne, Terr’Ativa, qui se trouve dans la zone Nord de Rio, dans la favela du Fubá. Je suis en service civique pour 1 an, qui sera peut être prolongé par un VSI. L’ONG a pour objectif de promouvoir l’accès à la culture et à l’éducation pour des jeunes en situation de risque social. Concrètement, notre centre accueille quotidiennement une cinquantaine d’enfants issus de la communauté, qui bénéficient de cours de soutien scolaire, d’activités artistiques et sportives, ainsi de sorties culturelles mensuelles. Le but est de les encourager à poursuivre leurs études et de leur montrer qu’un autre monde, hors de la favela, leur est aussi accessible.

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
J’ai appris à être encore plus patiente dans les transports en commun ! Je pensais pourtant avoir atteint mes limites à Salvador...Plus sérieusement, je n’avais jamais travaillé directement au contact des enfants et ça a été une découverte très agréable. Même si je ne participe pas directement aux activités qui leur sont dispensées, je suis à leur contact tous les jours et je me suis beaucoup attachée à eux...Je vois réellement le sens de mon travail au quotidien, et pour moi, c’est fondamental.

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
C’est être charmeur, sociable, et surtout, être fier de sa ville ! Les Cariocas sont très fiers d’habiter à Rio, d’être né à Rio, et il n’est pas rare de voir des gens arborant des tatouages de monuments de la ville...C’est vrai que Rio dégage un charme très fort...

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Cascadura, car c’est le quartier où je travaille, où je me rends tous les jours ; je suis très attachée à la communauté dans laquelle le projet est développé. Cascadura est un quartier qui manque énormément de visibilité et qui est totalement abandonné par les pouvoirs publics ; le tissu associatif y est quasiment inexistant à cause de la présence d’une milice dans la région. Je choisirai donc ce quartier afin de rappeler son existence !

Rio en trois mots :
Contrastes (géographiques, architecturaux, socio-économiques...), cohabitation, et "beleza" !

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Stéphane Drouet : "Rio c’est opportunités, désorganisation, contrastes !"

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Stéphane est en couple et papa d’une petite fille. Il a 36 ans et est Carioca depuis deux ans

Ville d’origine : Châtellerault (quelqu’un connaît ?)

Quartier de Rio : Ipanema

Pourquoi avoir choisi Rio ?
C’est en fait un hasard lié au travail. J’ai répondu à une offre d’emploi qui m’intéressait vraiment. Je n’avais jamais vraiment envisagé de vivre à Rio.

Quelles ont été les premières impressions en arrivant ici ?
La première chose qui m’a marqué en arrivant est la beauté des morros, de la forêt et des plages. La ville de Rio est vraiment située dans un environnement extraordinaire.

Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?
Je suis sismologue employé à l’Observatoire National qui est un institut fédéral de recherche publique.

Qu’est-ce que Rio a changé en vous ?
Comme toute expérience à l’étranger, mon passage à Rio est très enrichissant. Apprendre une nouvelle langue, essayer de comprendre comment fonctionnent les brésiliens... C’est très instructif et ça ouvre l’esprit.

Être Carioca pour vous, c’est quoi ?
Je ne sais pas vraiment, c’est peut-être l’insouciance, on s’imagine à la plage en écoutant "Garota de Ipanema". Mais je pense que c’est une vision limitée de la réalité Carioca très constrastée.

Si vous deviez choisir un endroit à Rio, quel serait-il ?
Je pense que je resterais à Ipanema ou Copacabana, car la vie au bord de mer est très agréable. Cela donne l’impression d’être en vacances quand le week-end arrive.

Rio en trois mots :
Opportunités, désorganisation, contrastes.

publié le 24/12/2014

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